Peugeot E-208 GTi : quand le lion traverse le temps

De la découverte d’une âme qui vrombit, quatre décennies plus tard, en pulsations de cœur sous le capot d’une voiture de notre ère, à celle de l’Écosse, de sa beauté, de son hospitalité à part et de ses joyaux, je vous invite à vous régaler d’une histoire singulière, à lire à l’heure du thé.

Laissez infuser votre thé noir — mais attention, pas trop longtemps —, ajoutez-y un nuage de lait froid, accompagnez-le d’un scone et laissez-vous porter du Luxembourg jusqu’au cœur de l’Écosse, au volant de la nouvelle Peugeot e-208 GTi.

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Une fois sur le territoire britannique, il faut cependant changer de sens de circulation. Une particularité qui peut, au premier abord, vous faire douter de vos talents d’automobiliste. Rouler de l’autre côté de la route, et surtout aborder les ronds-points, peut sembler quelque peu déroutant. Et pourtant, bizarrement, c’était tout le contraire. Je me suis régalée et, cerise sur le gâteau, j’ai même trouvé cela étonnamment simple. Imaginez donc : moi qui pensais devoir m’adapter à chaque rond-point, je me suis finalement surprise à trouver cette conduite presque naturelle.

Je ne vais cependant pas vous mentir : je ne sais pas si j’aurais tenu exactement le même discours au volant d’une voiture avec le volant à droite. Les voitures mises à notre disposition pour cet essai avaient des plaques françaises et, surtout pour nous, le volant du « bon côté ». Nous avons donc parfaitement su gérer la conduite à gauche, mais nous ne saurons jamais si la même facilité aurait été au rendez-vous avec le volant placé à droite.

Deux générations au bord du Loch Lomond

Un réveil matinal, deux avions et une navette plus tard, nous arrivons sur une magnifique propriété appelée Cameron House, au bord du Loch Lomond. Quelque chose d’à part règne dans l’air. Est-ce cette sorte de sobriété chargée d’histoire qui se dégage de ce bâtiment historique, ce paysage écossais avec son vert affolant de vivacité et ses eaux qui évoquent la fraîcheur rien qu’en les regardant ? Ou peut-être cette nouvelle Peugeot e-208 GTi qui nous regarde sportivement, mais tout en douceur, avec cette élégance typiquement française, garée juste à côté de son aînée, la Peugeot 205 GTi ?

Et finalement, en regardant autour de moi, je comprends peut-être un peu mieux cette sensation. Ici, l’histoire n’est pas simplement racontée, elle fait partie du décor et remonte jusqu’au XVe siècle. Au fil du temps, le domaine a changé, évolué, traversé les époques, sans jamais perdre ce qui fait aujourd’hui son caractère.

Il y a deux cents ans, en 1823, la famille Smollett, alors propriétaire des lieux, entreprend d’importants travaux qui vont transformer la demeure en une grande maison de style baronnial. Deux siècles plus tard, le domaine continue de vivre avec son époque, tout en conservant cette présence particulière que lui donnent ses pierres, son architecture et surtout ce cadre exceptionnel au bord du Loch Lomond.

Deux cents ans d’histoire dans un même lieu. Peut-être est-ce aussi cela que l’on ressent en arrivant ici, cette impression que le temps a laissé son empreinte sans jamais figer les lieux. Quelque chose qui fascine, qui attire, qui vous dit de rester là et, tout simplement, d’admirer et de vivre le présent.

Loch Lomond, au cœur du parc national qui porte son nom, s’étire sur près de 39 kilomètres et abrite 22 îles, comme autant de petits morceaux de terre posés sur ses eaux. Entouré de montagnes, de forêts et de routes qui invitent à prendre le temps, le lieu possède cette beauté presque irréelle qui fait comprendre, en quelques instants, pourquoi l’Écosse fascine autant. Et juste en face, bordant le lac, les vedettes du jour et du lendemain de ce déplacement. Deux générations qui se retrouvent, l’une ayant marqué toute une époque, l’autre prête à écrire la suite de son histoire.

Le goût du temps

Pour le moment, on s’arrête dans le calme de Cameron House pour une dégustation un peu particulière : celle du whisky. Car si vous ne le saviez pas encore, l’Écosse entretient avec ce spiritueux une histoire aussi longue que passionnée. Les premières traces écrites de sa fabrication remontent à la fin du XVe siècle et, depuis, le whisky écossais a traversé les siècles pour devenir l’un des symboles du pays.

On prend donc place au bar, où la dégustation est déjà prête. Pour être honnête, ce n’est pas une grande connaisseuse en whisky qui vous parle. Mais j’aime découvrir et surtout comprendre ce qui se cache derrière ce que l’on retrouve dans son verre.

Notre expert en whisky nous raconte avec passion les différents styles, les méthodes de fabrication et surtout cette étape qui joue un rôle essentiel dans le caractère du whisky : le vieillissement en fût. Un fût n’est pas simplement un contenant. Le bois, son origine, ce qu’il a contenu auparavant et le temps passé à l’intérieur participent à construire les arômes du whisky. Certains fûts utilisés pour sa maturation ont déjà servi à faire vieillir d’autres boissons. Bourbon ou sherry, par exemple : chacun laisse sa propre empreinte dans le bois et peut ainsi apporter au whisky des notes différentes, de la vanille et du caramel aux fruits secs, aux épices ou encore à des notes plus boisées.

Il nous explique aussi qu’il existe différentes manières d’apprécier un whisky : pur, avec quelques gouttes d’eau pour parfois libérer certains arômes, avec des glaçons ou simplement selon les habitudes de chacun. Pas question ici de prétendre savoir comment il faut le boire : l’idée est surtout de prendre le temps de découvrir.

Et peut-être que cette philosophie n’est pas si éloignée de celle qui nous attend le lendemain au volant. Une voiture aussi se découvre avec le temps. Il faut l’écouter, sentir ses réactions, apprendre son caractère, avant de vraiment comprendre ce qu’elle a à offrir.

Bien évidemment, après une dégustation de whisky, le volant attendra le lendemain. La soirée se poursuit donc loin des voitures, avant de laisser place à quelques heures de sommeil bien méritées.

Le lion se réveille

Au petit matin, nous voilà rafraîchis, comme ces gouttes de rosée qui reposent tranquillement sous les premiers rayons d’un beau lever de soleil écossais. Nous sommes prêts à prendre le volant et à découvrir cette petite sportive qui vient de raviver le badge tant rêvé par les automobilistes passionnés.

La recette s’annonce particulièrement intéressante : conduite sur la partie gauche, une compacte sportive de 280 ch à maîtriser et un design parsemé de détails particulièrement attirants. On ne peut qu’être fiers de faire défiler cette voiture, avec ce badge sur la calandre, sur les routes écossaises.

La nouvelle E-208 GTi semble avoir fait de la simplicité, du minimalisme et de l’intemporalité ses principaux marqueurs. Son dessin reste volontairement sobre, sans effets de style excessifs, avec des lignes pensées pour ne pas se laisser enfermer dans une époque. On retrouve pourtant dans sa posture quelque chose du félin : une voiture prête à bondir, mais dont la sportivité reste contenue, presque discrète.

L’ADN GTi est bien là : une assise plus affirmée, des proportions retravaillées et des détails qui viennent souligner ses formes. Sa silhouette gagne en musculature sans perdre son élégance. La nouvelle E-208 GTi incarne ainsi le lion à sa manière, dans un équilibre entre puissance, agilité et maîtrise. Le rouge, présent par petites touches, vient simplement signer son caractère GTi.

Attentivement concentrés sur la route, nous devons nous habituer à cette conduite inhabituelle pour nous, où le sens de circulation est inversé. La navigation, claire dans ses indications, devient alors une véritable alliée pour nous orienter et nous permet de nous concentrer pleinement sur la route. Peu à peu, nous commençons à nous imprégner de l’âme de cette voiture. Et quelle découverte ! C’est doux, c’est fort. C’est un lion, mais un lion gentil. Gentil, certes, mais qui reste un lion. L’expérience de conduite ressemble à une danse entre sportivité et douceur, entre la force que l’on devine et la capacité à profiter pleinement de chaque instant.

Car derrière cette douceur se cache tout de même la voiture la plus puissante et la plus performante du segment B. Il suffit d’enfoncer la pédale d’accélérateur et de compter jusqu’à presque six pour voir apparaître les 100 km/h au compteur. Pourquoi ? Parce que sous le capot de la nouvelle E-208 GTi trône un moteur de 280 ch — et oui, c’est beaucoup pour une petite voiture de ce gabarit — qui délivre un couple de 345 Nm.

Mais ces chiffres ne racontent pas toute l’histoire. Les ingénieurs de Peugeot Sport ont travaillé sur le moteur et sur sa gestion électronique, avec une technologie directement inspirée du sport automobile. L’idée est simple : permettre aux 280 ch de s’exprimer pleinement lorsque l’on sollicite la voiture.

Même travail du côté de la batterie. La E-208 GTi conserve la batterie de 54 kWh bruts, soit 51 kWh utiles, de la E-208, mais sa gestion a été adaptée aux exigences de cette version beaucoup plus puissante. La température de la batterie joue ici un rôle essentiel. Les ingénieurs de Peugeot Sport ont donc travaillé sur son refroidissement afin qu’elle reste dans les bonnes conditions, même lorsque la voiture est fortement sollicitée. Le liquide de refroidissement circule en fonction de la température de la batterie, avec la quantité nécessaire au bon moment. Un travail qui permet à la E-208 GTi de conserver toute sa puissance, sans limitation, quelles que soient les conditions de conduite. Autrement dit, les 280 ch sont bien là quand on vient les chercher.

Et c’est peut-être là que cette petite lionne trouve son équilibre. Elle sait être douce quand on le lui demande, mais il suffit de solliciter l’accélérateur pour comprendre que derrière cette apparente tranquillité se cache bel et bien une GTi.

Remonter le temps, autrement

Mais relâchons l’accélérateur, le temps de ralentir et de remonter le temps. Direction The Hill House, située à Helensburgh, à quelques kilomètres du Loch Lomond, pour découvrir l’une des demeures emblématiques de l’Écosse. Imaginée au début du XXe siècle par l’architecte écossais Charles Rennie Mackintosh, en collaboration avec son épouse, l’artiste Margaret Macdonald Mackintosh, elle constitue le chef-d’œuvre de l’architecture domestique de Mackintosh.

Le trajet ne dure pas longtemps. Nous arrivons bientôt devant un grand portail qui ne laisse pas deviner grand-chose de ce qui se trouve derrière. On aperçoit une immense structure en acier recouverte d’un maillage métallique.

C’est la « Box », l’impressionnante structure qui enveloppe aujourd’hui la maison pour la protéger des intempéries. Elle est spectaculaire par ses dimensions, mais aussi par ses chiffres : 165 tonnes d’acier et 32,4 millions d’anneaux de maillage métallique, pour un poids de 8,3 tonnes.

Mais pourquoi avoir besoin d’une protection aussi imposante ? Il faut revenir à l’histoire de Hill House pour le comprendre.

Mackintosh avait choisi de recouvrir les murs en brique et en grès rouge d’un roughcast, un enduit traditionnel écossais. Dans sa conception, il avait recours au ciment Portland, dont l’utilisation pour ce type de revêtement était innovante à l’époque. Mais ce choix, associé au climat particulièrement humide de l’ouest de l’Écosse, s’est révélé problématique au fil des décennies. Le ciment, peu perméable, a contribué à retenir l’humidité dans les murs.

Sur la côte ouest de l’Écosse, il pleut environ 190 jours par an. Pendant plus d’un siècle, l’eau s’est ainsi accumulée dans le bâtiment, menaçant progressivement sa structure, mais aussi les intérieurs imaginés par Mackintosh et Margaret Macdonald.

La Box est ainsi devenue une réponse nécessaire : protéger la maison de la pluie tout en lui permettant de sécher progressivement. Depuis son installation, les murs sèchent peu à peu, libérant l’humidité qui s’y était accumulée au fil des décennies.

Commandée en 1902 par l’éditeur Walter Blackie, la maison a été construite entre 1902 et 1904. Ici, l’architecture ne s’arrête pas aux murs : Mackintosh et Margaret Macdonald ont pensé la maison dans ses moindres détails, du mobilier aux textiles, en passant par les luminaires et les éléments décoratifs.

À l’intérieur, certains détails surprennent encore aujourd’hui. La bibliothèque, imaginée comme un espace de travail pour Walter Blackie, est bordée de grandes étagères en chêne sombre qui couvrent trois de ses murs et abrite aujourd’hui plus de 1 000 livres. Le mobilier dessiné spécialement pour la maison prolonge lui aussi les lignes de l’architecture, jusque dans les moindres détails.

Une maison pensée il y a plus de 120 ans, protégée aujourd’hui par une structure résolument contemporaine. Deux époques qui se rencontrent. Et peut-être est-ce justement cela qui rend cette visite si intéressante : comprendre qu’une création peut traverser le temps, évoluer avec lui et continuer à surprendre ceux qui la découvrent.

Chez Mackintosh comme chez Peugeot, il y a cette idée de ne pas simplement reproduire ce qui existe, mais de réinterpréter un héritage pour lui donner une nouvelle forme. Une maison inspirée par la nature hier ; une petite sportive électrique qui puise sa force dans le lion aujourd’hui. Deux époques, deux univers, mais une même volonté : créer quelque chose qui puisse surprendre son époque sans perdre ce qui fait son identité.

Il est temps maintenant de quitter Hill House et de reprendre la route.

Une GTi qui n’oublie pas de vivre

Après avoir remonté le temps dans cette maison imaginée il y a plus d’un siècle, nous retrouvons la création de Peugeot qui, elle, regarde résolument vers l’avenir. Une voiture électrique, certes. Mais ne vous attendez pas à retrouver ici l’ambiance d’un salon roulant, complètement et affreusement relaxant, comme on pourrait parfois l’imaginer lorsqu’on parle aujourd’hui de voiture électrique. Si c’est ce que vous recherchez, mieux vaut retirer le badge GTi… Parce qu’ici, il est justement là pour nous rappeler que l’électrique peut aussi avoir du caractère !

Plusieurs modes de conduite sont proposés : Eco, Normal et Sport. Et celui que nous avons le plus apprécié, vous l’aurez compris, c’est le mode Sport. Il suffit d’appuyer sur le bouton des modes de conduite et de sélectionner « Sport » pour que l’atmosphère change. La réponse de l’accélérateur devient plus vive, la voiture semble se tendre, prête à bondir. Comme si, après avoir passé quelques heures à admirer l’architecture et les paysages écossais, le lion avait soudainement décidé de reprendre la route à sa manière. La sensation est presque celle d’un avion qui se prépare au décollage. On appuie, la voiture répond immédiatement et, en quelques secondes, on comprend que le badge GTi n’est pas là uniquement pour faire joli.

Et puis il y a le son. Certes, il est artificiel, électrique oblige. Mais il participe lui aussi à l’expérience. Il accompagne les accélérations et ajoute cette petite dose d’émotion qui pourrait manquer à une voiture électrique plus sage. J’avais un peu peur de retrouver l’un de ces sons artificiels qui finissent par devenir plus présents que plaisants. Ce n’est pas le cas ici. Il est suffisamment présent pour accompagner la conduite sportive, mais sait rester à sa place lorsque l’on revient à un rythme plus tranquille. Il met simplement un son sur les sensations que l’on ressent au volant. Et c’est probablement pour cela qu’en repassant en mode Normal, puis en Eco, on ne perd pas complètement cette sensation. Les chevaux sont toujours là, mais ils semblent juste un peu plus dressés. La voiture devient plus douce, plus facile à vivre. Le son reste en arrière-plan, comme un rappel discret de ce qu’elle pourrait faire si on lui demandait de se réveiller. Parce que la E-208 GTi sait finalement jouer sur plusieurs registres.

Mais il faut accepter qu’une voiture conçue pour être une sportive ne puisse pas offrir le même confort qu’une voiture pensée avant tout pour absorber les kilomètres. On ressent davantage les irrégularités de la route. La voiture est ferme, parfois même assez rigide. Ce n’est pas la plus confortable des petites électriques que j’ai pu conduire. Mais peut-elle vraiment l’être ? Avec le badge GTi posé sur la carrosserie, cette fermeté fait presque partie du contrat. On perd un peu en moelleux pour gagner en précision. Et lorsqu’on enchaîne les virages sur ces petites routes écossaises, on comprend mieux ce compromis : la voiture reste bien posée et répond avec précision à chaque mouvement du volant.

Alors forcément, on a envie d’accélérer, encore et encore, de profiter pleinement des sensations que cette sportive nous procure. Même le paysage donne envie de laisser la route et les 281 ch nous emporter. Mais il faut vite revenir à la réalité : les limitations de vitesse, elles, restent bien présentes. En agglomération, les voitures particulières sont limitées à 30 mph, soit environ 48 km/h. Sur une route à chaussée unique, la limite passe à 60 mph, soit 96 km/h. Et sur une route à chaussées séparées ou sur autoroute, elle atteint 70 mph, soit environ 112 km/h.

Et peut-être est-ce aussi ce qui rend le voyage intéressant : avoir sous le pied suffisamment de puissance pour savoir qu’elle est là, sans avoir besoin de l’utiliser en permanence. À force de conduire la E-208 GTi, on finit par remarquer quelque chose : son caractère ne se révèle pas seulement au volant. Il est aussi dans ce qu’elle montre.

Le design joue avec cette idée que l’on connaît bien : less is more. La E-208 GTi n’a pas besoin de multiplier les artifices pour annoncer qu’elle est différente. Sa silhouette reste compacte, presque familière, mais certains détails changent complètement sa présence sur la route. Les épaules sont plus musclées. Les voies sont élargies. La carrosserie est abaissée. Les porte-à-faux courts renforcent cette impression de petite voiture prête à bondir.

La célèbre signature lumineuse à trois griffes est toujours là, mais elle prend ici une dimension plus sportive. À l’avant, les griffes sont intégrées au bouclier et prolongées dans les projecteurs Full LED. À l’arrière, trois griffes horizontales renforcent l’assise visuelle de la voiture.

Les jantes de 18 pouces attirent également le regard. Leur dessin rappelle les fameuses jantes « percées » de la 205 GTi. Encore une fois, le passé apparaît, mais sans jamais prendre toute la place.

Quelques touches de rouge viennent enfin signer son caractère GTi. Sur la calandre, dans les projecteurs, sur l’emblème Peugeot, les étriers de frein, les badges « 208 GTi » ou encore le becquet arrière. Le rouge revient par petites touches, comme un fil conducteur. Il suffit de quelques détails pour rappeler que derrière cette silhouette discrète se cache bien une GTi.

Une autre façon de ressentir l’Écosse

Mais après toutes ces sensations, il est temps de laisser la voiture se reposer quelques instants. Et nous aussi. Car un voyage ne se raconte pas seulement avec les kilomètres parcourus. Il se raconte aussi avec les lieux où l’on s’arrête, les personnes que l’on rencontre et, parfois, avec ce que l’on met dans son assiette.

Nous faisons donc une pause culinaire à House for an Art Lover, où nous assistons à une démonstration de Gary Maclean, premier National Chef of Scotland et vainqueur de l’émission MasterChef: The Professionals.

Au menu, des plats riches en saveurs, travaillés avec précision, mais sans perdre ce côté gourmand qui donne envie de continuer à découvrir l’Écosse autrement. Après les paysages que l’on regarde, les routes que l’on parcourt et les maisons que l’on découvre, il y a donc aussi les saveurs. Une autre façon, peut-être, de ressentir un pays.

Rouge de sport

Une fois de retour dans la voiture, le voyage reprend. Dès qu’on ouvre la porte, on voit rouge. Mais pas rouge de colère ! Rouge de sport. Les moquettes, les tapis de sol et les ceintures de sécurité rouges rappellent la 205 GTi. Les surpiqûres rouges viennent à leur tour ponctuer la planche de bord, les panneaux de porte et le volant compact.

Les sièges avant rendent eux aussi hommage à leur ancêtre, avec leur insert central rouge et leur maillage. Je les trouve confortables, mais résolument sportifs. Et là encore, il ne faut pas s’attendre au confort d’un fauteuil rembourré. Ils enveloppent le corps, maintiennent bien et restent suffisamment agréables pour une utilisation quotidienne.

Mais ils nous rappellent surtout pourquoi nous sommes là. Pour conduire. Pour sentir la voiture. Pour retrouver cette connexion entre le conducteur et la machine que les GTi ont toujours su créer.

C’est d’ailleurs probablement ce que je ressens le plus avec le volant. Compact, en cuir perforé, avec ses parties supérieure et inférieure en Alcantara, il tombe naturellement entre les mains. Il donne immédiatement cette agréable sensation d’avoir la voiture sous contrôle. Un petit emblème rouge « 208 GTi » vient encore signer l’ensemble.

Les affichages numériques adoptent une dominante rouge et proposent des pages de performances spécifiques GTi. L’éclairage d’ambiance rouge vient renforcer cette atmosphère, même si sept autres couleurs sont également disponibles.

Tout, ici, nous rappelle que nous sommes dans une GTi, mais toujours avec cette même retenue que l’on retrouve à l’extérieur. Les commandes restent relativement simples à utiliser. Les sièges chauffants disposent de leur propre bouton. Pas besoin de parcourir plusieurs menus pour les trouver, ce qui sera particulièrement appréciable lorsque les températures écossaises décideront de nous rappeler que nous sommes bien au nord. La petite rangée de commandes physiques permet également de conserver un accès direct à certaines fonctions. À l’heure où tout devient tactile, ces quelques boutons ont presque quelque chose de rassurant.

Dans cet habitacle à l’esprit sportif, on se sent bien. On se sent fort. On se sent spécial. Et lorsque l’on prend le volant entre les mains et que l’on démarre, on tombe sous le charme d’une polyvalence particulièrement séduisante. Une voiture capable de nous accompagner dans les moments les plus tranquilles du quotidien, puis de réveiller instantanément quelque chose de plus vivant dès que l’envie nous prend. C’est peut-être finalement ce que j’ai le plus apprécié dans cette E-208 GTi : cette capacité à changer d’humeur sans jamais changer de voiture. Elle peut être douce, sage, presque discrète. Puis, en une pression sur un bouton, elle nous rappelle ce qu’elle est vraiment. Dans cette petite voiture électrique, il y a cette âme qui faisait battre le cœur des GTi. Peut-être que les temps changent. Que les moteurs changent. Que les sons changent. Que nos voitures changent. Mais certaines émotions, elles, savent parfaitement traverser les générations.

En quittant l’Écosse, je repense à la E-208 GTi, à Hill House, aux pierres anciennes des maisons qui ont traversé les générations, aux paysages qui changent avec la lumière, aux traditions qui continuent de vivre tout en se réinventant. Et je me dis que, finalement, il ne s’agit peut-être ni de vivre dans le passé, ni de courir constamment vers l’avenir. Il s’agit de savoir être là, ici et maintenant. De regarder ce qui nous entoure, de ressentir ce qui se passe sous nos mains, sous nos pieds, dans notre cœur. De sentir cette petite GTi vivre sur la route, son cœur électrique battant au même rythme que le nôtre, ses pulsations emportées par le vent froid de l’Atlantique pour rejoindre l’horizon et bien au-delà. Et peut-être est-ce finalement cela, le plus beau des héritages : ne pas rester prisonnier du passé, ni attendre toujours demain, mais laisser ce qui nous a construits continuer à vivre en nous, ici, maintenant.

Crédits photos :

© Peugeot

© National Trust for Scotland – The Hill House

© Movia News

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